ANDREW TITUS: POUR LUI MÊME ET POUR LES AUTRES – Cycling Canada Cyclisme

ANDREW TITUS: POUR LUI MÊME ET POUR LES AUTRES

Le cyclisme : c’est un sport qui inspire, enseigne, motive et pour certains, qui peut leur sauver la vie. Pour Andrew Titus, le vélo peut faire tout cela, et plus encore.

Cet enseignant au primaire de nouveau-brunswick, ne vit que pour rouler son vélo. Qu’il s’agisse de motiver les gens à se joindre des clubs de vélo, d’enseigner les principes fondamentaux du cyclisme à ses élèves ou encore d’organiser des levées de fonds pour venir en aide à sa communauté, Titus représente l’essence même de la communauté cycliste.

«J’ai commencé à pratiquer ce sport un peu comme tout le monde », se souvient Titus. « Mon père me tenait par les épaules quand j’avais environ 4 ans et que je me pratiquais dans un stationnement. Je me souviens du moment où il m’a laissé aller par moi-même comme si c’était hier. Le sentiment de pure liberté que j’ai ressenti représente encore beaucoup pour moi. »

Difficile de ne pas être conquis par le charisme de ce passionné de vélo de montagne et de gravel, alors qu’il discute de tout ce que le cyclisme lui a apporté depuis sa tendre enfance. Le plus important pour lui, c’est de bâtir une communauté de cyclistes et de pouvoir s’ancrer dans le monde dans lequel il vit, accompagné de ses pairs.

« On n’arrête pas de bouger parce qu’on est vieux, on devient vieux parce qu’on arrête de bouger. La vitalité qui émerge de la communauté et les connexions que l’on fait, c’est ce qui me motive chaque jour, et je suis heureux de pouvoir partager ces valeurs à mes élèves. Je suis d’avis qu’on est enseignant à tous les jours et à toutes les heures de la journée. »

Nul besoin d’avoir le vélo le plus récent ou des accessoires haut de gamme; pour Titus, les sorties à vélo doivent être simples. Il veut montrer à sa communauté et à ses élèves qu’ils peuvent pédaler comme tout le monde, peu importe leur équipement ou leurs habiletés, du moment qu’ils sont bien accompagnés et qu’ils souhaitent explorer leur environnement. Étant enseignant, il fait de son mieux pour cultiver un environnement qui prône l’accessibilité et les connaissances. Peu importe les vêtements ou la qualité de l’équipement, il faut simplement être soi-même.

« J’ai un vieux vélo d’environ 30 ans à une seule vitesse, et quand je suis avec les enfants, je porte une chemise à carreaux et une paire de Converse. Je suis quand même un cycliste. Est-ce que j’aime également le Tour de France? Absolument. Mais je veux apprendre aux jeunes qu’on n’a pas besoin de dépenser une fortune pour rouler un vélo, il suffit de pédaler. »

La vie de Titus aurait pu être bien différente s’il n’y avait pas eu le vélo. Le cycliste raconte qu’il aurait pu se retrouver dans des situations fâcheuses dans sa jeunesse, mais le fait d’être entouré d’athlètes aux valeurs similaires a permis de le ramener sur le droit chemin, allant même jusqu’à lui sauver la vie.

« Plus jeune, j’ai grandi dans un quartier un peu plus difficile, mais le vélo m’a permis de me tenir à l’écart et d’aller explorer ailleurs ça m’a permis de cultiver une curiosité pour tout ce qui m’entoure à un très jeune âge. Il y a toujours un nouveau sentier etde nouvelles pistes à explorer ou la possibilité de partir en voiture et de découvrir des nouveaux sentiers dans la ville voisine. J’adore ma ville natale, mais mon vélo m’a sauvé de ce quartier. »

Titus espère que les leçons apprises dans sa jeunesse pourront en inspirer d’autres. « Ces expériences m’ont appris à ne pas juger les autres et à être ouvert à de nouvelles rencontres, à avoir de l’empathie. Non seulement ça m’a sauvé, mais je commence à constater que mon histoire permet d’en sauver d’autres. Le vélo a fait ralentir ma vie, du moins le processus de vieillissement, et m’a permis d’être conscient de ce que ce qui se passe autour de moi. Et je sais qu’il en va de même pour les enfants et les amis avec qui je fais du vélo. »

Alors que sa passion se ressent à des kilomètres à la ronde, Titus est aussi reconnu pour la difficulté des sorties qu’il fait. On le connait également pour sa générosité, étant toujours le premier à lever la main pour créer quelque chose d’original; il sait où trouver les meilleurs cafés, en plus d’organiser les meilleures levées de fonds.

« L’an dernier, deux amis et moi avons amassé des fonds pour l’équipe de vélo de mon école, le George Street Cycling Squad. Nous avons fait des tours autour de l’école sur une distance de 100 kilomètres. Je l’ai fait sur mon vélo à une vitesse; c’était super parce que tout le monde pouvait nous encourager de près. »

On voit facilement d’où lui vient l’inspiration pour tenter des parcours que personne ne veut essayer. Ce qu’il fait, il le fait pour les enfants. Alors qu’il leur enseigne les principes nécessaires à l’école, il tient à fournir aux enfants des outils qu’ils pourront utiliser toute leur vie. Il veut qu’ils puissent devenir des adultes confiants et autonomes, et il espère que le vélo puisse leur permettre d’y parvenir.

« L’école dans laquelle j’enseigne est très diversifiée d’un point de vue socioéconomique. Souvent, j’organise des levées de fonds et j’achète des vélos pour les prêter ou même les donner aux jeunes. Plus souvent qu’autrement, je leur donne de toute manière, parce qu’ils arrivent à l’école sur des vélos souvent mal entretenus, qui sont trop mal en point pour être réparés; alors j’achète un nouveau vélo. J’initie les jeunes au sport en organisant des sorties de groupe avec l’école et je leur fait découvrir le réseau de pistes cyclables pour qu’ils puissent profiter de leur vélo en toute sécurité. En fin de compte, j’espère que le vélo les gardent occupés et les tiennent éloignés de situations fâcheuses. Les sorties de groupe que j’organise avec les enfants sont des occasions de mieux les connaître, mais aussi de leur offrir du soutien. Je leur montre aussi comment réparer leur vélo pour qu’ils soient autonomes; ce sont des notions qu’on n’enseigne pas dans une salle de classe. »

Aucune chance que Titus ne ralentisse sa cadence ou accroche son casque. Il espère que le sport continuera d’évoluer et de devenir plus inclusif, afin que tout le monde puisse explorer ses environs, trouver une échappatoire et profiter de la liberté qu’offre le cyclisme.

Vous pouvez suivre les aventures de Titus sur Instagram à @spoke_n_word ou sur son blogue.