DE KELOWNA À VICTORIA ET UN RECORD «D’EVERESTING» – Cycling Canada Cyclisme

DE KELOWNA À VICTORIA ET UN RECORD «D’EVERESTING»

Par Jacob Rubuliak, champion canadien junior au CLM et membre de l’équipe Giant Canada

La pandémie de COVID-19 a été loin d’être idéale pour la plupart des gens en 2020. Les voyages, les courses et la vie normale ont été mis sur pause au cours des derniers mois sans qu’on ait de date fixe quant à son retour. Au début, c’était très difficile pour moi mentalement et j’ai été extrêmement déçu du report de la saison. J’ai dû changer ma façon de penser, les objectifs que je m’étais fixés pour la saison et je devais penser à de nouvelles activités à faire.

J’ai décidé de faire des choses que je ne ferais pas normalement pendant la saison de course afin de trouver de nouvelles sources de motivation. J’ai fait quelques voyages sac à dos avec mon vélo et j’ai vraiment aimé le fait de rouler sans véritable objectif, de simplement quitter la maison avec de la nourriture, du matériel et trouver de nouveaux endroits que je n’explorerais pas normalement. J’ai également modifié mon plan d’entraînement en ajoutant quelques jours de chasse aux segments sur Strava. Cela m’a permis de continuer à rouler intensément, tout en incorporant un aspect amusant et en me motivant de manière différente. La prochaine étape était les sorties longue distance. J’ai commencé par quelques sorties de 200 km, puis j’ai monté jusqu’à 300 km. Ces sorties n’étaient pas prévues à l’avance, je commençais tout simplement à rouler; si je me sentais bien, je roulais aussi longtemps que je le voulais et si je me sentais moins bien, je faisais une balade plus facile. J’ai vraiment apprécié le fait d’avoir un horaire d’entraînement plus flexible et je suis reconnaissant à mon entraîneur Richard Wooles (Peak and Valley Coaching) de l’avoir adapté à la situation.

Ma journée la plus grosse et la plus difficile à ce jour a été une balade de 500 km de Kelowna à Victoria, avec plus de 5000m de dénivelé, 170 km de gravier et des conditions froides et pluvieuses pendant près de la moitié du trajet. Tout a commencé lorsque mon amie Riley Pickrell m’a demandé en plaisantant si je voulais le ramener chez lui à Victoria. Sans hésitation, j’ai accepté de me mettre dans une situation inconfortable, car je savais que ça ferait de moi un meilleur coureur éventuellement. Cette aventure a été l’une de mes randonnées les plus amusantes à vie et j’aurai des histoires à raconter pour le reste de ma vie. Rouler sur des routes secondaires en Colombie-Britannique au milieu de la nuit sans voir de voiture pendant plus de 5 heures et descendre des routes de gravier à 55-60 km/h avec seulement un petit cône de lumière pour nous guider ont été des expériences folles. Remarque: si un orignal commence à vous poursuivre sur une route forestière à 2h du matin, sprintez! Il suffit de battre le coureur le plus lent… malheureusement pour moi, je sprintais contre Riley.

Ensuite, j’ai attaqué l’Everest. Ce défi me trottait dans la tête depuis quelques semaines et plus il devenait populaire pendant la pandémie, plus ma motivation pour le faire augmentait. Lorsque les conditions météorologiques sont devenues quelque peu idéales, j’ai fixé la date et l’endroit : Knox Mountain à Kelowna, en Colombie-Britannique. Je voulais non seulement terminer l’Everest, mais je voulais aussi tenter de battre le record canadien. Je savais que ce serait l’une de mes journées les plus difficiles en selle alors je me suis préparé du mieux que j’ai pu; la veille, j’ai préparé un contenant de barres CLIF prédécoupées, plus de 15 bouteilles, du coke, du Red Bull et des gels. Mon vélo était prêt pour le défi, avec des pièces de rechange prêtes à partir sur le bord de la route. Lorsque j’ai démarré mon ordinateur à 7 heures du matin ce matin-là, j’étais déterminé à tout donner et je n’étais pas stressé de savoir si j’allais battre ou non le record.

Je suivais mon rythme pré-planifié depuis le début, mais je savais que ce serait difficile de le maintenir et j’ai pris le risque. Je suis resté fidèle à mon plan nutritionnel aussi longtemps que j’ai pu (⅓ Barre CLIF par tour + liquide) et je n’ai que légèrement ralenti dans les 10-12 derniers tours. Les 3-5 derniers tours étaient presque au maximum et c’était le plus gros effort solo de ma jeune carrière. Au final, j’ai relevé le défi en 9 heures 33 minutes, battant le record canadien par près d’une heure. Je suis vraiment fier de ce que j’ai accompli ce jour-là, qui n’aurait pas été possible sans mes parents, mes frères, Giant Bicycles Canada, Cyclepath Kelowna, et mon équipe de soutien à Knox ce jour-là.

Je voudrais encourager tous les coureurs, des pros WorldTour aux débutants, à vous mettre au défi pendant cette période. C’est une nouvelle opportunité de grandir en tant que cycliste et en tant que personne. Poussez vos limites et créez de précieux souvenirs. Ne vous inquiétez pas des résultats, c’est le temps de rouler pour le plaisir – alors sortez et roulez!