SOUTENIR LA PERFORMANCE DES ATHLÈTES GRÂCE AUX CONSEILS EN PERFORMANCE MENTALE
Par Sharleen Hoar, PhD, CMPC
Sharleen Hoar est consultante en performance mentale et membre de l’Association canadienne de psychologie du sport (voir Canadian Sport Psychology Association). Elle a suivi une formation de troisième cycle en psychologie du sport, en sciences du sport et en psychologie.
Ma première expérience avec un consultant en performance mentale (CPM) a eu lieu lors d’un stage national de patinage artistique. J’avais 15 ans et j’avais été sélectionnée pour y participer en raison de mes résultats à la compétition provinciale de l’automne précédent. Je me souviens que le monsieur était plus âgé et gentil. Il m’a demandé de remplir un questionnaire qui devait m’alerter sur mes forces et mes faiblesses mentales. Ce fut un échange agréable et je pense que j’ai été surprise de voir à quel point le questionnaire pouvait révéler tant de choses sur moi, pour lesquelles je n’avais pas vraiment de mots. Mais c’était la dernière fois que j’ai eu l’occasion de rencontrer un consultant en performance mentale, même si j’ai continué à pratiquer le patinage en compétition pendant trois ans de plus.
Lorsque les concepts de la psychologie du sport sont appliqués à la performance, le terme utilisé est «performance mentale», qui est compris comme la capacité avec laquelle les individus utilisent les processus cognitifs (tels que l’attention, la prise de décision, la perception, la mémoire, le raisonnement), et les compétences mentales et d’auto-régulation (par exemple, les connaissances et les compétences) pour performer dans leur environnement en constante évolution. Parmi les exemples de compétences, citons la fixation d’objectifs, la planification, la motivation, la confiance en soi, le contrôle de l’excitation de l’émotion et de l’attention, l’imagerie, la résilience, l’auto-dialogue, la gestion du stress, la communication, le leadership et l’évaluation.
Par conséquent, la performance mentale se concentre sur le développement des compétences mentales, tout comme un entraîneur de musculation et de conditionnement se concentre sur le développement de la force et de l’endurance musculaires. J’aime parfois décrire l’entraînement mental comme un «entraînement cérébral». Il s’agit d’emmener votre esprit dans une «salle de gym mentale» avec l’intention de vous engager dans des modes de pensée, de sentiment et/ou de comportement ayant pour but de développer les circuits neuronaux nécessaires à l’exécution automatique des mouvements.
Permettez-moi de vous donner un exemple d’entraînement de la performance mentale. Il est normal que les cyclistes ressentent de la douleur lorsqu’ils roulent à la limite de leurs capacités physiques. Cela résulte d’un mécanisme physiologique qui est dirigé depuis le cerveau pour protéger le corps des blessures. En d’autres termes, il s’agit d’un phénomène de «câblage physique» biologique. Cependant, la douleur que les cyclistes peuvent supporter diffère selon le sujet. En d’autres termes, certains cyclistes peuvent rouler avec plus de douleur pendant des périodes plus longues que d’autres. Pourquoi en est-il ainsi? Il existe de nombreuses théories pour décrire ce phénomène, notamment psychologique.
Les recherches en psychologie du sport démontrent que le fait de rouler avec d’autres personnes peut détourner l’attention de la douleur, ce qui permet au cycliste de pousser plus fort pendant une plus longue période. D’autres recherches démontrent que le fait de se répéter des mots positifs, considérés comme des vérités authentiques, tels que «je suis un coureur rapide», «je vais pousser jusqu’au sommet de cette colline», «je danse sur ces pédales», etc. contribue à améliorer la persévérance, à mieux résoudre les problèmes, à produire des niveaux d’effort plus élevés et, dans de nombreux cas, à obtenir une meilleure performance.
L’essentiel de l’entraînement à la performance mentale est qu’il doit être pratiqué régulièrement, tous les jours. Ces compétences mentales ne font souvent pas partie de notre façon «naturelle» de faire les choses. Lorsque nous ressentons de la douleur, nous voulons nous arrêter. C’est naturel. Cependant, pendant la course, lorsque vous repoussez vos limites, lorsque cela compte le plus pour vous, vous voulez que votre cerveau cherche ces mots positifs pour obtenir ce petit «plus» de capacité physiologique ou de puissance musculaire que vous avez acquises à l’entraînement.
Les athlètes les plus performants sont en bonne santé, heureux et physiquement compétents pour répondre aux exigences de la compétition. L’esprit travaille en symbiose avec le corps pour produire la performance. J’aurais aimé savoir cela lorsque je faisais du patinage artistique et que je m’efforçais de concourir au plus haut niveau dans le sport que j’avais choisi. J’ai passé tellement de temps sur la glace à m’entraîner physiquement sans tenir compte de l’entraînement de mon esprit. La croissance de ce domaine et le nombre de professionnels auxquels les athlètes ont désormais accès témoignent de l’importance de l’entraînement mental pour la performance sportive. J’ai la chance de travailler avec Cyclisme Canada pour soutenir les athlètes, les entraîneurs et le personnel à tous les stades de développement de leur cheminement cycliste.